ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES

Copyright © Patrick Émile Carraud, 2003 

Guy de MAUPASSANT


BIOGRAPHIE :

(1850 - 1893)
Né à Tourville-sur-Arques (château de Miromesnil), ou bien à Fécamp, le 5 août 1850. Mort à Paris le 6 juillet 1893.
Romancier. Nouvelliste. Poète. Dramaturge. Journaliste.

Par son père Gustave, Guy de Maupassant était le descendant d'une vieille famille de la noblesse lorraine. Sa mère était la fille d'un armateur de Fécamp. Ce fut par elle, et grâce à elle, qu'il devint un vrai normand.

Les parents du jeune Guy se séparèrent et il fut confié, avec son frère Hervé, à sa mère. Ainsi donc ce fut en Normandie, dans le pays de Caux, qu'il passa son enfance, une enfance heureuse, dans la propriété maternel, Les Verguies, près d'Étretat.

Cette jeunesse il l'employa, sous la direction aimante, indulgente de sa mère, amie d'enfance de Gustave Flaubert, à apprendre à apprécier la littérature, à découvrir William Shakespeare ; à découvrir la Normandie vraie et profonde, les Normands, et leurs défauts ! Cette connaissance du pays normand, du pays réel, et de ses habitants fréquentés lors d'innombrables excursions de jeunesse, de promenades, constitura plus tard la matière de nouvelles, de contes, souvent cruels.

Ce fut lors d'une ses pérégrinations de jeunesse qu'il rencontra pour la première fois le peintre Monet.

À treize ans Maupassant est placé par sa mère, comme pensionnaire, au séminaire d'Yvetot. Il supporte mal l'internat, la rusticité de ses camarades, et surtout, et bien plus encore, le comportement des ecclésiastiques. Il gagne là, et gardera toute sa vie, une grande aversion, un dégoût profond vis-à-vis de la religion.

Au séminaire d'Yvetot il travaille bien peu, mais il commence à écrire des vers. Certains de ces vers, où il tourne en dérision ces ecclésiastiques qui l'insupportent, tombent entre les mains du supérieur. Maupassant est renvoyé. Il est placé alors au lycée, à Rouen. Là il suit une scolarité fort honorable et passe avec succès son baccalauréat.

En 1869 il gagne Paris où il s'inscrit à la Faculté de droit.

En 1870, la guerre franco-prussienne éclate, il a vingt ans, le voici sous les drapeaux. Il fait la connaissance d'Adrienne Legay qui lui inspirera l'un de ses personnages littéraires, et au moins le thème d'une nouvelle.

La paix revenue, démobilisé en 1872, souhaitant absolument vivre à Paris il accepte un poste au ministère de la Marine. Un peu plus tard, en 1879, il entre au ministère de l'Instruction publique, où il obtient des émoluments plus substantiels. De la vie parisienne il apprécie tout particulièrement le canotage sur la Seine, à Bougival, les sorties dominicales, en compagnie d'amis, et de bonnes et jolies jeunes amies aimables et compréhensives, telle cette Mouche que l'on retrouvera dans ses écrits.

Maupassant ne se montre pas un fonctionnaire extrêmement zélé. Il travaille tout de même, un peu, au ministère ; mais surtout avec Gustave Flaubert qui, à la demande de la mère de Maupassant, le chaperonne. De 1873 à 1880 Flaubert conseille Maupassant, corrige ses premiers écrits. Maupassant collabore à la rédaction de Bouvard et Pécuchet, pour laquelle il effectue à la demande de Flaubert quelques recherches. Flaubert l'introduit dans la bonne socièté, la socièté littéraire, les salons de la princesse Mathilde Bonaparte, lui fait connaître Alphonse Daudet, Edmond de Goncourt, Joris-Karl Huysmans, Octave Mirbeau, Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, Émile Zola… Maupassant collabore à différents journaux, tels Le Gaulois, Gil Blas, pour lesquels il écrit de nombreuses et excellentes chroniques sur les sujets les plus variés.

Longtemps Maupassant se veut avant tout poète. Il publie en 1880 tous ses poèmes rédigés depuis 1872, dans un recueil intitulé Des Vers, une des rares œuvres illustrant le naturalisme en poésie. Il s'essaye au thèâtre avec peu de succès. À partir de 1875 il entreprend d'écrire des nouvelles ; genre dans lequel il excellera.

C'est d'ailleurs une nouvelle, Boule-de-Suif 1, parue en 1880 dans Les Soirées de Médan, recueil publié sous le patronnage de Zola, qui provoque soudainement sa célèbrité.

Le grand succès de Boule-de-Suif l'incite à se consascrer entièrement à l'écriture. En 1882 il quitte son emploi au ministère. Ses revenus augmentent bientôt considérablement. Mais si pendant sa jeunesse il avait eu une santé insolente, Maupassant, surmené, commence à éprouver de terribles maux de tête. Il commence à prendre de l'éther pour les soulager.

Son frère Hervé se marie. Guy lui offre une entreprise agricole non loin de Cannes.

En 1885 la parution de son roman Bel-Ami remporte un immense succès.

Maupassant se partage entre Paris et la Côte d'Azur, la Méditerranée. Il achète un yacht, rencontre Marie Kann, une jeune cantatrice, chez la comtesse Potocka, où déjà il avait rencontré une autre femme, pour laquelle il avait ressenti une ombre d'amour. Peu disposé à céder aux élans de son cœur, il se rend en Afrique. Au retour il vend son bateau, en achète un autre. Et entreprend une liaison avec cette Marie Kann qu'il avait fui. Marie Kann elle-même, et depuis longtemps, pratique l'éthéromanie.

Le frère de Maupassant, Hervé, victime d'une insolation, tente d'étrangler son épouse. Maupassant le conduit à Lyon, où il est interné. Bientôt Hervé est frappé de paralysie et Maupassant se rend de nouveau auprès de lui. Hervé meurt, à trente-trois ans.

La santé de Maupassant se dégrade encore un peu. Il éprouve toujours d'atroces maux de tête, il est victime d'hallucinations.

Marie Kann se montre infidèle. Une jeune femme, s'adonnant à la sculpture, Gisèle d'Estoc, s'emploie à consoler Maupassant et devient sa maîtresse. Gisèle d'estoc pratique la bisexualité, et initie, autant que faire se peut, Maupassant aux plaisirs lesbiens.

À partir de 1885 la santé de Maupassant se dégrade davantage. Pas seulement pour des causes héréditaires (problêmes du côté maternel), car il semble avéré que vers l'âge de vingt-cinq ans Maupassant ait contracté la syphilis, et qu'il n'ait jamais été soigné pour cela. Mais aussi par l'abus auquel il se livre de certaines drogues, non seulement l'éther, déjà évoqué, mais aussi la morphine, ou le haschich, consommées fréquemment, surtout, il est vrai, pour essayer de traiter les très douloureuses céphalées ou névralgies qui l'accablent. De tout cela sa personnalité se trouve fortement altérée ; de tout cela non seulement son psychisme, mais également son physique souffrent. Il lui arrive de demeurer aveugle plusieurs heures, d'avoir des hallucinations, de voir des fantômes, de ressentir à ses côtés des présences invisibles, menaçantes… (toutes expériences qui nourrissent son inspiration et lui fournissent indubitablement la matière de la plupart de ses récits fantastiques — Lui ?, Qui sait ?, Le Horla…). Malgré des cures dans les Alpes ou dans le Midi, son état s'aggrave.

À la fin de l'année 1891 Maupassant, après avoir nourri un temps quelque espoir de guérison, prend conscience qu'il s'achemine inévitablement vers la folie. Il rend visite à sa mère alors établie à Nice, puis le 1er janvier 1892, à l'aide d'un coupe-papier métallique il tente de s'ouvrir la gorge. Il se blesse, mais survit : la blessure est sans gravité. On le ramène à Paris. On l'interne, à Passy, dans la maison de santé du docteur Blanche. Maupassant est la majeure partie du temps inconscient. Il ne sort de sa léthargie, parfois, qu'en état de crises furieuses, qui obligent, parfois, les infirmier à lui passer une camisole de force.

Le 6 juillet 1893, dix-huit mois après le début de son internement, sans avoir retrouvé jamais toute sa lucidité, il meurt.

Adrienne Legay, qui s'ébattit avec lui, en Normandie, pendant la guerre franco-prussienne, et qui lui inspira le personnage de Boule-de-Suif, par lequel il connut le succès, se suicide, un mois plus tard, à Rouen.

Si Guy de Maupassant se retrouva, lui qui rencontra le succès auprès d'un large public et surveillait de près ses comptes, en possession de l'une des plus grandes fortunes amassées par un homme de lettres à son époque, il ne rencontra pas au cours de sa vie le « grand amour ». Seulement connut-il, non pas le bonheur d'une vie partagée avec un être choisi, mais le plaisir, les plaisirs d'étreintes variées échangées avec de nombreuses partenaires.

Guy de Maupassant se montra un auteur prolifique. Après l'accueil extraordinaire fait à Boule-de-Suif par le public il avait délaissé la poésie, et, de 1880 à 1890, il produisit six romans, seize recueils de nouvelles, trois volumes de récits de voyages ( voyages en Corse, Algérie, Bretagne, Italie, Sicile, Angleterre, Tunisie — Au Soleil [1884], Sur l'eau [1888], La Vie errante [1890]) ; c'est-à-dire qu'il écrivait trois, quatre ou cinq livres par an… et des articles, nombreux, dans des revues ou des journaux.

Les ouvrages de Guy de Maupassant sont emprunt d'un pessimisme foncier ; à ses yeux il n'est point de salut possible pour l'homme. Mais s'il dépeint souvent les êtres humains avec une grande lucidité, « presque excessive », s'il en dépeint les travers, les petitesses, sans concession, il sait en montrer aussi les grandes misères ; et ces grandes misères de la condition humaine lui inspirent une grande pitié, sûrement, un grand amour pour l'homme.

 

BIBLIOGRAPHIE :

Quelques titres : Des Vers, Boule-de-Suif (1880), La Maison Tellier (1881), Mademoiselle Fifi (1882), Les Contes de la Bécasse, Une Vie (1883), Les Contes du jour et de la nuit, Toine, Bel-Ami (1885), La Petite Roque (1886), Le Horla, Mont-Oriol (1887), Pierre et Jean (1888), Fort comme la mort (1889), Notre cœur (1890)…


• 1 —

Boule-de-Suif lui fut inspirée par le récit que lui fit d'une de ses expériences Adrienne Legay, une jeune femme qu'il avait connue pendant la guerre franco-prussienne.



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