ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES

Copyright © Patrick Émile Carraud, 2003 

Thomas MALORY


BIOGRAPHIE :

(1416 (?) - 1471 (?))
Né à Newbold Revell, vers 1408 ou vers 1416. Mort à Newgate, en 1470, ou bien, plus probablement, le 14 mars 1471.
(Auteur de langue anglaise.)

Sir Thomas Malory est né dans une famille de la petite noblesse anglaise (gentry) du Warwickshire. John Malory, le père de Thomas, fut deux fois sheriff, cinq fois M.P. 1 L'épouse de John Malory, Philippa Chetwind, lui donna quatre enfants : trois filles et un fils, Thomas.

Des jeunes années de Thomas Malory rien n'est connu.

Il se montra un honorable propriétaire foncier. Mais il en vint à nourrir un intérêt grandissant pour la politique. Il fut armé chevalier en 1441 2.

Il épousa Elizabeth Walsh (de Wanlip, Leicestershire), qui, plus tard, lui donnera un fils (Robert).

En 1445 il fut élu M.P. du Warwickshire.

La vie de Malory se trouva soudainement bouleversée ; son engagement politique, le début des troubles dus à la guerre des Deux Roses 3, et peut-être quelque aspect dissimulé de sa personnalité se révélant à cette occasion, furent probablement les causes de ce bouleversement.

Malory fut accusé d'avoir, avec une vingtaine d'autres personnes, le 4 janvier 1450, tenté de dresser, dans les bois près de Newbold Revel, un guet-apens à l'encontre du duc de Buckingham. Il fut également accusé d'avoir enlevé le 23 mai, à Coventry, une certaine Joan Smith. De plus, le 31 mai Malory aurait volé, sous la menace, deux habitants de Monks Kirby. Et encore, le 6 août Malory aurait enlevé une nouvelle fois Joan Smith, et dérobé des biens de l'époux de celle-ci. Le 31 août Malory aurait commis un troisième vol à Monks Kirby.

Un mandat d'arrêt fut lancé contre lui le 5 mars 1451.

Quelques semaines plus tard il était encore accusé d'avoir, avec des complices, volé du bétail et un chariot, à Cosford.

Le duc de Buckingham, réunit soixante hommes, et essaya de l'arrêter. Mais entre temps Malory dévalisa le pavillon de chasse du duc, en y provoquant de grands dommages. Malory fut finalement appréhendé, et incarcéré à Coleshill ; d'où il s'échappa, après deux jours d'emprisonnement, en franchissant, de nuit, les douves à la nage.

À la tête d'une nombreuse troupe il perpétra ensuite deux attaques contre une abbaye, défonçant les portes, s'emparant de sommes importantes, et injuriant les moines…

En janvier 1452 Thomas Malory se trouvait en prison à Londres. Pendant huit ans il attendit un procès, qui jamais n'eut lieu.

Plusieurs fois il fut libéré sous caution. Il rejoignit un moment un ancien compagnon de ribaude et se livra avec sa complicité à une coupable chevauchée, au cours de laquelle divers délits furent commis. La coupable chevauchée se termina par un séjour dans les geôles de Colchester ; dont il s'échappa. Mais, capturé de nouveau, il fut de nouveau incarcéré, à Londres. Ensuite, on le fit changer souvent de prison.

En 1460, le succès de la maison d'York sur la maison de Lancastre, à qui échappaient alors, un temps, les rênes du pouvoir, valut à Malory d'être absous et libéré.

En reconnaissance de sa libération Malory participa alors aux campagnes d'Edward IV et du comte de Warwick contre les places tenues par les Lancastre.

Mais en 1468, et en 1470, son nom apparaissait sur les listes de partisans de la maison de Lancastre auxquels le pouvoir refusait le pardon des crimes commis. Thomas Malory se retrouva en prison.

En octobre 1470 les Lancastre reprirent un temps le pouvoir. Ils libérèrent leurs partisans incarcérés, dont Malory.

Sir Thomas Malory mourait six mois après.

 

BIBLIOGRAPHIE :

Quelques titres : Morte d'Arthur 4 (1470 — publication, posthume, 1485).


• 1 —

Member of Parliament (membre du parlement, parlementaire).

• 2 —

Lors du Moyen Âge anglais tardif, accèder à la chevalerie se révèlait particulièrement onéreux ; donc, cet investissement suppose une ambition sociale et politique de la part de Thomas Malory.

• 3 —

L'Angleterre, qui avait pâti sur le continent du sentiment national exacerbé en France par une providentielle Jeanne d'Arc, qui avait perdu le soutien de la Bourgogne, sortit de la guerre de Cent Ans, après les dernières défaites de Formigny (1450) et de Castillon (1453), ruinée et épuisée. Le traitré de Picquigny en 1475 entérinait un état de fait : l'Angleterre ne conservait plus, ne pouvait plus conserver en France que Calais (Calais sera perdue en 1558).
Vers la fin de la guerre de Cent Ans, dans la période qui la suivit, s'ajoutèrent à la ruine et à l'épuisement de la nation anglaise, consécutivement à la faiblesse, physique et mental, du roi Henri VI, une crise du pouvoir.
Comme ses prédécesseurs Henri IV et Henri V, Henri VI appartenait à la maison de Lancastre, branche cadette de la famille des Plantagenêts. Dans les armes de la maison de Lancastre figurait une fleur, une rose rouge. La maison d'York était une autre branche des Plantagenêts. Dans ses armoiries figurait une rose blanche.
La guerre des Deux Roses (1450-1485), guerre civile, vit la maison d'York et la maison de Lancastre s'opposer. Edward, fils unique de Henri VI, dernier des Lancastre, fut mis à mort après la victoire des York à Tewkesbury en 1471.
La maison d'York, à l'occasion de la guerre des Deux Roses, règna sur l'Angleterre de 1461 à 1485 (Edward IV, Edward V, Richard III).
Henri VII, de la maison des Tudors, lié à la maison de Lancastre mais aussi à la maison d'York, fonda en 1485 une nouvelle dynastie qui règna sur l'Angleterre jusqu'en 1603 (Henri VII, Henri VIII, Edward VI, Marie Tudor, Elizabeth Ière).

• 4 —

Que Thomas Malory soit l'auteur de La Morte d'Arthur (publication en 1470 par Caxton [1422-1491] selon certaines sources, ou publication posthume en 1485, selon d'autres sources), considérée comme la dernière interprétation du mythe arthurien lors de la Renaissance anglaise, ne fait plus aucun doute. Cette Morte d'Arthur constitue la première épopée en prose de la littérature anglaise. La Morte d'Arthur semble bien avoir été rédigée totalement par Malory lors de ses séjours en prison.



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