ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES

Copyright © Patrick Émile Carraud, 2003 

José-Maria de HEREDIA


BIOGRAPHIE :

(1842 - 1905)
Né à La Fortuna (propriété familiale proche de Santiago de Cuba) le 22 novembre 1842. Mort à Condé-sur-Vesgres, au château de Bourdonné, le 3 octobre 1905.
Poète. Traducteur (de textes en langue espagnole). Académicien français.

José-Maria de Heredia est issu d'une famille de planteurs espagnols ayant quitté Saint-Domingue pour s'établir à Cuba en 1801 à la suite de la révolte de Toussaint Louverture. La mère de José-Maria de Heredia est française toutefois, d'une famille originaire de Normandie. José-Maria a trois sœurs ; et quatre frères et sœurs qui sont issu d'un premier lit. Il a aussi un cousin germain portant les mêmes noms et prénoms que lui, et qui s'adonnera également à la littérature ; mais en langue espagnole.

Le 15 avril 1849, le père de José-Maria meurt à bord du navire qui devait le conduire en France.

En 1851 José-Maria de Heredia, qui a neuf ans, est envoyé en France. Il est accompagné par une relation de sa famille, Nicolas Fauvelle, qui le chaperonnera les années suivantes. José-Maria est inscrit comme pensionnaire au lycée Saint-Vincent, à Senlis. En 1858, après avoir obtenu son baccalauréat il regagne l'île de Cuba. Il y arrive le 9 novembre. Le 10 juin 1859 il rejoint la propriété de son beau-frère Jules Raoulx. Il y séjourne plusieurs mois. Il apprend l'espagnol, reçoit des visites, dont celles des membres de sa famille, lit des ouvrages amenés de France (notamment des textes de Chénier et de Leconte de Lisle).

En septembre 1859 il rejoint l'université de La Havane pour y suivre des cours de philosophie. Il pense ensuite rejoindre l'Espagne pour y faire des études de droit. Mais l'embassade d'Espagne en France refuse de reconnaître son baccalauréat. Déçu, il renonce donc à ce projet. C'est de cette époque, de 1859 à 1861, que date ses premiers poèmes (À la fontaine de la India, et Les Bois américains).

La mère de José-Maria décide de quitter Cuba pour s'établir en France. Le 15 avril 1861 José-Maria de Heredia s'embarque avec sa mère pour parvenir en juin à Bordeaux. Il visite des membres de sa famille vivant dans le sud de la France. En juillet sa mère s'installe avec lui à Paris. Dès les premiers jours de novembre il s'inscrit à la faculté de droit.

En décembre de cette année 1861, de Heredia participe à la Revue française fondée par Adolphe Arnat la même année. En janvier 1862 il rejoint la Conférence La Bruyère, réunissant lettrés et poètes de la Faculté de droit. C'est dans le Bulletin de la Conférence que paraîtront les premiers poèmes publiés de J. de Heredia.

En novembre 1862 José-Maria de Heredia entre à l'École nationale des chartres (il n'en sortira pas diplômé).

En 1863 la Revue française publie des poèmes de de Heredia. De Heredia rencontre Leconte de Lisle : commence une amitié qui ne se démentira jamais. Leconte de Lisle tient salon, les samedis ; c'est le commencement de la gestation de l'école parnassienne…

En juin 1864 de Heredia obtient son diplôme de bachelier en droit. Puis il effectue un voyage en Italie, où il visite Milan, Vérone, Venise, Florence… En décembre de cette année 1864 plusieurs poésies de de Heredia sont publiées dans La Revue de Paris.

Le 3 mars 1866, paraissent dans le premier numéro du Parnasse contemporain 1 plusieurs autres poèmes de Heredia. En juin de Heredia abandonne ses études de droit.

José-Maria de Heredia épouse Louise Despaigne en mars 1867 (qui lui donnera deux filles ; qui épouseront des hommes de lettres). Il entreprend avec sa femme un nouveau voyage en Italie, où ils visitent, outre quelques autres villes, Rome.

Des textes de lui paraîssent dans la Revue des Lettres et des Arts, revue fondée par Villiers de l'Isle-Adam.

Une révolte ayant éclaté à Cuba la mère de de Heredia rejoint l'île. La propriété familiale a été incendiée. Néanmoins les revenus des de Heredia sont toujours suffisants pour épargner au poète le besoin de rechercher un emploi. La mère de de Heredia ne reviendra en France qu'en 1869.

En 1868 des textes de de Heredia sont publiés dans L'Artiste, dans la Revue des Lettres et des Arts.

En 1870, en fin d'année il rejoint sa mère réfugiée à Saint-Georges-d'Oléron. Il entretient une correspondance avec Leconte de Lisle, resté à Paris pendant les événements. Au début de l'année suivante de Heredia gagne Menton.

José-Maria de Heredia poursuit sa carrière littéraire en publiant régulièrement des textes dans des revues telles que le Parnasse contemporain, La Revue du Monde nouveau, Le Siècle littéraire, La République des Lettres, La Muse orientale, La Vie moderne, Le Monde poétique, Le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes, le Mercure de France, La Revue blanche

De 1876 à 1887 il traduit un long texte de l'espagnol vers le français : La Véridique Histoire de la Conquête de la Nouvelle Espagne par le Capitaine Bernal Diaz del Castillo, l'un de ses conquérants (publication en quatre volumes, entre 1877 et 1887) 2.

En 1892 il se retire dans la presqu'île du Croisic pour mettre en forme son recueil de poésies intitulé Les Trophées, et en retravailler les textes. Le recueil ne comprendra que quelques textes inédits, tous les textes, ou presque, donc, le composant ayant déjà été publiés dans des revues… Le 16 février 1893 la première édition des Trophées est un grand succès : tous les volumes mis à la disposition du public sont vendus en quelques heures ! Dans la presse, la critique elle-même est très favorable. Un sondage paraît dans Le Figaro : José-Maria de Heredia est majoritairement choisi par les personnes sondées comme l'auteur le plus digne d'entrer à l'Académie française. En mars on procède à une nouvelle édition des Trophées. De Heredia prend la nationalité française.

Le 22 février 1894 il est élu à l'Académie française.

En 1896, les revenus de José-Maria de Heredia ont baissé : il accepte la direction littéraire du Journal. En 1901 il est nommé administrateur de la Bibliothèque de l'Arsenal

Durant les dix ou douze dernières années de sa vie José-Maria de Heredia connaîtra certains problèmes de santé. C'est un cancer, qui, probablement, l'emportera alors qu'il vit chez des amis en Seine-et-Oise.

 

BIBLIOGRAPHIE :

Quelques titres : La Véridique Histoire de la Conquête de la Nouvelle Espagne par le Capitaine Bernal Diaz del Castillo, l'un de ses conquérants (publication en quatre volumes, entre 1877 et 1887), Les Trophées (1893), La None Alferez (1894).


• 1 —

Recueil publié par les poètes de l'école du Parnasse, courant relevant de la doctrine de l'art pour l'art (cf. les biographies de Théophile Gautier, de Charles Leconte de Lisle).

• 2 —

Le manuscrit original de La Véridique Histoire… sera décourvert au Guatemala en août 1880.



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